|
La Station est heureuse de vous présenter une exposition personnelle de Ludovic Lignon qui,
après plusieurs années de retrait volontaire, réunit le travail de l’artiste niçois depuis ses débuts
et plus précisément l’aboutissement de successions d’étapes et de recherches qu’il poursuit intensément depuis 2001.
Les interventions de l’artiste dans l’espace d’exposition exigent de la part du spectateur une attention toute particulière,
une véritable attitude d’observation.
Les premiers sentiments sont ceux de l’attente, de la surprise.
La fugitivité volontaire du travail par les interruptions sonores,
les petits clignotements de leds, les combinaisons des couleurs qui évoluent et se transforment lentement insiste sur la perception de l’instant
et nous emmène au delà de la spectacularisation à laquelle nous sommes si souvent confrontés.
Depuis 2003, la notion de hasard et d’aléatoire est au cœur de la démarche artistique de Ludovic Lignon,
s’appuyant sur des études philosophiques et mathématiques,
de Cournot, Cantor, Bauher, Schopenhauer, Heisenberg.
Il n’utilise pas le hasard comme un élément de style,
il le convoque en tant que composant structurel sur une tradition de pensée qui puise ses racines dans la philosophie de Lucrèce.
Au contraire d’un pseudo hasard généré par un algorithme qui ne fait qu’imiter l’aléatoire contrôlé par une machine,
livré aux contingences de celle-ci et de sa programmation, Ludovic Lignon se concentre sur un vrai hasard,
observable qu’en présence d’une source d’entropie naturelle.
Il met alors en place les véhicules nécessaires pour nous les donner à voir (ordinateur, écran, couleur …).
On remarque que le hasard ne peut pas être réduit au désordre apparent d’un moment,
Ludovic Lignon nous le montre passé au crible de ses recherches où ses dispositifs, “ses machines” sont comparables aux outils d’un peintre classique,
où le temps en est un des adjuvants principal et la notion d’aléatoire concerne alors les idées d’infini et de nature au sens philosophique du terme (la fysis grecque).
S. Meazza, C. Teisseire, 12 Oct. 2006
|
|